Brigitte Morel

Comment j’écris…

Je m’assois devant l’ordinateur qui fait dos à une fenêtre sur vue. Un point de fuite. C’est la mer ou le fleuve, ou encore un delta d’Afrique. L’eau m’inspire. Je penche un peu la tête, le regard suspendu à l’entreligne de mon imaginaire. J’attends. Je me branche à l’immobile.

Puis les mots défilent devant mes yeux. Ils tombent. Je les saisis au vol. J’assiste discrètement au dialogue qui s’impose. Mes doigts s’agitent sur le clavier ne voulant rien manqué, rien perdre de ce divin discours…

Il y a les bouquins sur la table. Mes précieux enseignements. Mes ressources et références. Mes déclencheurs de beaux temps. Je les consulte lorsque la source prend une pose, lorsque le film s’évanouit, lorsque je trébuche sur une virgule égotique. Écrire reste un acte d’abandon où le « moi » provoque l’égarement. Je me recentre sur le besoin de dire…

Dire ce que j’entends, ce que je comprends, ce qui agit comme un eurêka sur ma conscience. Puissant bonheur. Transe étatique.

Écrire les mots phares qui animent la volonté et qui expriment une résonance venue d’au-delà de soi. Des mots qui touchent le cœur jusqu’à l’essentiel; là où l’on ressent; là où l’on devient; là où se devine notre certitude… là où les mots se parent d’inutile.

Et je transpose d’une âme à l’autre, délicieuse imposture.

Je n’écris pas pour moi. J’écris pour faire du bien; pour percer des brèches d’espoir et stimuler l’éveil qui transforme, qui libère.

Et quand tout s’aligne… quand je deviens mon inspiration… Quand je perds mes repères identitaires… alors le miracle se produit.
J’écris.

Livres

L’Infini des possibles (2014). Ed. Dauphin Blanc           

Diama L’enfant des lois de la vie (2015) Ed. Dauphin Blanc

Géni, Fais un vœu. (2019) Éd. Performance

Écrit à Cuba

Écrit à Toubacouta, Sénégal

Écrit à Montréal, Habitat 67

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