Ces aînés qui tuent l’amour et nous accusent de manquer de coeur.

Ces aînés qui n’aiment plus.

Je me suis souvent scandalisée devant la solitude de nos aînés. Comment abandonner celui ou celle qui nous a permis de venir au monde? Qui nous a soignés, nourris, encouragés? Qui a tant investi pour nous? Comment peut-on en venir à les laisser mariner dans leurs faiblesses, à les maltraiter?

Je vais vous le dire comment: par manque d’amour. Pas toujours de la part des enfants. Non plus de la part des aidants. Un manque d’amour de leur part. Comme si perdre ses moyens affectait ce sentiment qui finit par sécher au fil des ans par manque d’entretien. Cette absence de douceur froisse les meilleures intentions et provoque l’abandon et dans le pire, la maltraitance.

Certaines personnes âgées  n’ont pas le cœur doux. Leur vie tient à la rage, l’amertume de devenir impuissant. Ils demandent de l’aide en clamant le devoir, la reconnaissance, pour prouver qu’ils ne sont pas vaincus

.Perdre ses capacités, perdre ses repères. Constater que tout évolue plus vite que leur capacité de comprendre, est difficile. Un peu comme lorsqu’on écoute un discours dans une langue peu familière et qu’on échappe plusieurs mots. On finit par se terrer dans le silence et la frustration.

Ces vieillards grincheux qui font le deuil de leur vie avant de mourir contamine la bonne volonté. Ils n’accueillent plus la vie, ne se réjouissent plus de rien, ne s’émerveillent plus, ne s’intéressent plus aux autres ni à eux-mêmes. Ils se réfugient dans le passé, à l’époque où ils étaient dominants et évitent d’ouvrir les yeux sur le présent de peur d’affronter leur ego affamé qui ne trouve plus rien de “superbe” à se mettre sous la dent.

Ils savent qu’ils dérangent et que leurs nouvelles incompétences alourdissent la tâche de leurs enfants. Alors au lieu de demander avec tendresse, avec humilité, ils ordonnent avec colère, en tentant d’abaisser ceux qui peuvent encore, ceux qui dorénavant dominent.

On dit que les aînés retournent en enfance. C’est vrai. Et ceux qui réussissent leur vieillesse sont ceux qui adopteront la douceur, l’innocence, et l’émerveillement de l’enfant. Ces facultés qui ne requièrent pas d’ego. Mais les vieux asséchés n’y arriveront pas, trop attachés à leur orgueil qui nourrit leur fausse identité.

Accepter, accueillir la défaite du corps et de l’esprit et la remplacer par l’amour, la tendresse, la reconnaissance, la douceur, l’écoute, le non-jugement et l’espoir de l’éternité…c’est agir comme  un soleil qui se couche illuminant nos cœurs de ses rayons iridescents.

Les vieux emmurés , tels des fleurs séchées, s’effritent, se brisent et perdent leur beauté. La sève de leur amour s’est tarie en même temps que leur liberté.

Ces aînés qui refusent l’amour tuent l’amour autour d’eux laissant dans le cœur de leurs enfants le poison de la culpabilité. Un héritage maudit dont il faudra se débarrasser s’ils ne veulent pas finir leur vie avec une telle inhumanité.

 

 

 

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